Néanmoins, c'est le bon moment pour reprendre le fil de cette histoire et conclure cette passionnante émission de real TV.
En effet, il y a 2 semaines précisément, à cette heure là, je montais pour la dernière fois dans le petit avion Winair de 24 places pour m'envoler au dessus de Saint-Eustache, ce qui débuta mon long périple de retour passant par Saint-Martin, Fort de France, Orly, Rennes pour arriver finalement à Guipry 27 heures plus tard.
Mais remontons un peu plus le temps, jusqu'au 28 février, date à laquelle Amy quittait l'aventure et où je me retrouvais seul face à face avec Katie.
C'est à ce moment là qu'à réellement débuté la finale !!
Toutefois, pendant une semaine les épreuves furent les mêmes : nettoyage des artefacts, classement de ceux-ci (sorting), modélisation 3D du bâtiment du musé... mais cela n'était pas suffisant pour nous départager.
Katie avait beau être plus forte que moi sur le sorting (elle compléta 12 sacs d'artefacts quand j'en avais fait que 6 !!), j'égalisais sur la modélisation 3D.
Tiens d'ailleurs, je ne vous avais pas parlé de ça, mais quand il faisait mauvais (car il faut bien admettre que c'est arrivé) on faisait des trucs sur l'ordi dont la modélisation en 3D sur Autocad de bâtiments existants à partir de plans et de mesures prises précédemment. Cela devrait faire doucement sourire mes amis infographistes, mais voila ce que ça donnait pour le bâtiment occupé actuellement par le musé :

Comme il y avait tjs égalité entre nous, Grant, le boss, a trouvé une autre épreuve pour nous départager : faire le relevé topographique (Survey) de toutes les ruines présentes sur la baie. En plus, ça avait un vrai intérêt vu que, là où elles sont, ces ruines sont régulièrement endommagées par la mer ou par les ouragans.
Le principe de ce relevé topographique consiste à obtenir les coordonnées de plusieurs points importants sur chaque bâtiment : coin, largeur du mur, emplacement d'une porte... afin de reconstruire ce bâtiment en connectant sur ordinateur ces différents points. En répétant l'opération pour chaque bâtiment et en gardant le même référentiel, on peut ainsi obtenir une carte de la baie avec l'emplacement de tous les bâtiments d'époque dont il reste une trace.
En pratique, pour obtenir les coordonnées de ces points, on utilise une "station" (un gros appareil électronique posé sur un trépied ajustable) positionnée a un endroit connu d'avance et on pointe cette station, grâce au viseur, vers un miroir/prisme monté sur un pied d'1m50 qui lui se trouve sur le point dont on veut obtenir les coordonnées. Quand on demande à la station de déterminer ces coordonnées, elle envoie un signal (laser ou infrarouge selon les modèles) vers le prisme/miroir qui lui renvoie ce signal ce qui lui permet de déterminer la position géographique de ce point.
On déplace ensuite le prisme et son pied vers un autre point à mesurer et on répète l'opération. Et ainsi de suite pour chaque point.
Nous avons donc mené ce projet tous les 2 pendant 1 semaine, mais nous étions loin d'avoir terminé. L'objectif étant de référencer plus de 100 ruines. Sachant qu'une ruine pouvait être juste une fondation de mur (ce qui correspond à un relevé de 4 points, les 4 angles du rectangle) ou bien un bâtiment avec 4 murs visibles, une citerne, une porte et un résidu d'escalier (soit une trentaine de points).
Pour nous suppléer dans cette tâche, Grant fit donc appel pour 2 semaines à Alexander un nouveau volontaire de Floride, 22 ans qui faisait des études d'anthropologie et se demandait si il voulait poursuivre en archéologie. Il était très sympa, kyte surfeur passionné et nous a bien aidé pour terminer le relevé dans les temps, c'est à dire avant la fin du mois de Mars.
Précisons tout de même que Alexander ne concourait pas pour le grand prix d'Arkeohlanta et qu'il ne devait favoriser ni l'un ni l'autre des 2 finalistes.


Katie réglant le trépied et Alex tenant le prisme/mirroir
Au terme de ce mois intense de compétition acharnée, nous étions donc toujours au coude à coude. Techniquement sur le Survey, chacun a bien rempli son rôle. Nous avions donc ajouté de nous même une autre épreuve : à chaque pause on s'affrontait au Rami et le soir on remettait ça au Uno ou au Backgammon. Et là pareil, égalité.
Heureusement, il restait la partie exploitation des données du relevé et élaboration de la carte.
Cette opération se déroulait donc sur ordinateur et nécessitait de mêler plusieurs logiciels comme Connex, Adobe Illustrator et Autocad... Du coup, j'ai pris à mon compte cette partie qui n'attirait pas trop Katie. Et j'ai alors marqué beaucoup de point.
Se rendant compte que la victoire allait lui échapper, Katie a tenté de faire un tas de petits projets que Grant lui donnait (sur le commerce du Sucre à Statia et comment déterminer l'importance de l'île à partir de ça, ou sur une carte des propriétés de la baie et de leur propriétaire en se basant sur les descriptifs des propriétés recensées en 1782) mais il était trop tard, le break était fait.
Et c'est ainsi que Katie quitta l'aventure le 31 Mars et que je fus déclaré grand VAINQUEUR de ARKEOHLANA 2009 !!!
La France tenait alors sa revanche sur l'Angleterre et j'ai reçu ma récompense bien méritée : 15 jours idylliques avec la femme de mes rêves sur 3 îles paradisiaques des Antilles Hollandaises.

The End...
...générique de fin...
Et non, ce n'est pas vraiment fini...Comme dans un film des Monty Python, l'image se brouille et finalement l'histoire reprend là où elle s'est arrêtée comme si il ne s'était rien passé.
Et oui, ceux qui auront fait un peu attention aux dates doivent être en train de se creuser les méninges et ont du constater qu'il y avait toujours un blanc entre la victoire de notre héros national suivi du séjour idyllique, et son retour en France.
C'est bien simple, étant donné le succès commercial d'Arkeohlanta, les producteurs n'ont pas pu s'empêcher d'exploiter encore un peu le filon.
La finale ayant rendu son verdict, ils ont alors pensé proposer un SUPER BANCO au vainqueur.
Celui-çi sur son petit nuage a alors accepté et s'est ainsi engagé a passer 2 semaines supplémentaires.
Ces 2 semaines se déroulèrent donc en solo pour notre vainqueur ou plutôt en solo à SECAR mais en duo sur le terrain.
C'est ainsi que durant ces 2 dernières semaines, on aura vu Pierre et Grant effectuer différentes tâches d'archéologie déjà bien connues du public mais sans l'esprit de compétition cette fois, plus comme une communion de l'élève avec son maître.
Et quand le travail était terminé, Pierre allait méditer sur ces enseignements sur la plage, dans l'eau ou en buvant un verre de rhum.
Au terme de cette initiation supplémentaire, on pu voir Grant remettre à Pierre le prix du Super Banco, à savoir un séjour à durée indéterminée dans un pays peut-être pas idyllique mais pas si mal quand même : la France.
Travelling arrière... et on découvre que la scène se passait au fameux Old Gin House lors de l'ultime BBQ, bercée par une douce musique des Caraïbes.
Et c'est sur ces images calmes et apaisantes, sur un rythme toujours plus lent, que se tire finalement tout doucement le rideau sur ces 3 mois de "Pedro aux Antilles"...
Merci de l'avoir suivi.


